J'ai marché dans cette ville. Dans les rues, les voitures passaient, klaxonnaient, et ne me regardaient pas. J'ai tournée dans une rue plus calme, et alors je t'ai vu. Comme un après midi, tout a fait banal, tu avais mis des vêtements un peu au pif, un des derniers jeans de ton placard et tu était sorti, prendre l'air sûrement. Inconsciemment, j'ai souris. Ho oui, j'étais contente de te voir. Seulement voilà, tu étais avec une autre. Je ne la connaissait pas, mais je n'en avais pas non plus envie. La voir te tenir la main et rire à tes cotés, me suffisait largement pour en éprouver de la jalousie. Vos pas se rapprochèrent rapidement de mon ombre, tremblante de doute, presque de mépris et finalement de tristesse. A ce moment là, je ne savais que faire. Devais-je m'arrêter et dire bonjour, ou faire demi tour, échappant à la réalité, ou tout simplement continuer, sans te regarder. Mais toi, tu ne t'es sûrement pas posé la question. Non. Tu a tracé ton chemin, tête baissée, riant aux éclats. Tu es passé a coté de moi, comme on passe devant un mur. Sans regards, juste de l'indifférence, mais qui suffit a briser un c½ur. Oui, parce que c'est ce qu'était devenu cet organe. Brisé. Éclaté. Alors faisant de même, je fis mine de fouiller mon sac, échappant à une éventuelle remarque de ta part. Je ne chercha pas plus de détail à ta compagnie, ni a votre conversation. Je repris ma marche, un peu au hasard. Les mètres, paraissant à mon égard comme des kilomètres, nous séparaient un peu plus chaque secondes. Je me retourna, comme pour espérer un signe ou un sourire, et je te vis lui dédier un langoureux baiser. Prés avoir été brisé, mon c½ur se décomposa en larmes, que j'essayais à tout pris de retenir. C'est alors que je compris. Oui, je compris que tout était finis. Comme ce jour, où tu me la fait comprendre. Je me rappela de ce moment où comme par enchantement, tes lèvres s'étaient posées sur les miennes et dans un délicat geste, tes mains étaient descendue sur mes anches. Au premier abord, je l'avais vu comme une avance, puis comme un au revoir. Je ne sais comment, une impressions s'était emparée de moi, mais je la chassa rapidement. Oui ce doute et cette peur, je les avais congédiés, à tout jamais. Mais voilà que ces images s'enfoncèrent dans mon crâne, comme pour s'incruster, m'entrainant dans une horrible douleur. Le mal se fit de pire en pire et m'obligea a m'asseoir. Je jeta un dernier coup d'½il d'espérance dans ta direction, mais il ne restait plus que les voitures grises de poussière, effaçant ton passage. Et la pluie vint. « penses-tu vraiment que l'eau effacera mes douleurs ? » questionnais je au temps. « Non, il n'y a rien a faire. C'est comme ça, et uniquement comme ça ». S'essaya à tout prix de me convaincre mais j'espérais te voir courir, sous la pluie, me rejoignant. Replier sur moi même les gouttes d'eau se mélangèrent à mes larmes et je te revit. Non je te vit, oui je t'aperçus, comme dans mon rêve, s'élançant sous l'eau. J'entendis ta voix crier mon nom, je sentis ta mains se poser sur mes joues rouges, et comme dans un geste rapide, je sentis ton corps se coller au mien, s'agenouillant devant moi. Je remarqua tes yeux remplis de tendresses et remords se plonger dans les miens. Puis tu m'embrassa. Tu t'excusa. Tu demanda pardon. Et tu n'embrassa de nouveau. Tu étais là, prés de moi. Tu etait revenu. Pour moi.
J'ouvrirs les yeux, pour te voir de nouveau. Mais je n'aperçus que la triste rue. Pensant entendre ton souffle chaud et sentir tes cheveux contre mon cou, je me redressa pour mieux en profiter mais il n'y y avait que la pluie et les gouttes d'eau froide sur mon visage. ...
Foutu rêve.